28. nov., 2019

La profondeur de ce que je suis.

Je suis sur un quai, il fait beau, j’ai les pieds dans l’eau. J’avais quelqu’un à côté de moi ici il n’y a pas si longtemps mais il est parti. Je ne sais pas quand, ou pourquoi. J’attends, je l’attends. Je ne sais même plus cela fait combien de temps déjà ? 

L’eau est calme, il n’a qu’une petite brise qui fait osciller l’eau dans une tendance de peau fripée qui se dirige vers moi. Le soleil est chaud sur ma peau mais sans être agressif. Je soupire, je respire, j’expire. J’attends.

Ma personne exposée est en douleur malgré le beau temps et le temps qui passe. Je soupire, je respire et j’expire. J’attends. 

Je regarde l’eau dans lequel mes pieds trempent, c’est l’océan bleu, transparent, infini. Je me dis, et si je me trempais au complet ? Me trempait dans un élan de calme totale pour le laisser aller où la mer me porterait par ses courants ? Serais-je protégé ? Serais-je ok ? Dépourvue de toute peur ? Est-ce que je perdrai ce que j’ai connu ici sur ce quai ? 

Je regarde autour de moi, tout est calme.  Tout semble être tel que c’est supposé être. Je suis au bon endroit me dis-je. Mais pourquoi je suis encore seule, où est-il parti ? Suis-je moi aussi ou je suis supposée être ? Je ressens la paix où il n’y a pas de résistance, je ne veux plus résister, je veux vivre, me dis-je exposant mon visage au soleil. Je suis tannée d’attendre. 

Plus tard… encore seule sur le quai, un papillon virevolte autour de moi, me rappelant encore cet amour donc je n’oublierai jamais, il fait quoi, il est où ? Est-il heureux ? Le papillon reste un peu mais au moment où mes questionnements sont trop denses il me quitte. Et je retrouve encore seule. Encore. Les pieds dans l’eau je regarde au loin dans l’immensité. Je sens que l’on me regarde aussi mais il n’y a personne. 

Je suis venue à ce quai pour comprendre, avoir des réponses. J’en ai pas.  Et, il n’y a pas personne, aucun bateau à l’horizon. 

A ce moment, l’eau commence vaguer vers moi, couvrant davantage mes pieds par moments.  C’est temporaire me dis-je, l’eau reviendra calme et s’activera de nouveau en vagues. C’est le cycle que j’observe depuis que j’attends sur ce quai. C’est la surface des choses qui se montrent à moi tout d’un coup, plus d’élan, plus de passion, plus de vents, plus de marées et ensuite plus rien, calme. 

Je regarde le fond, l’eau est tellement belle, je vois briller le sable au travers les rayons de soleil que la mer absorbe. Je vois mes pieds à la sous-surface. Je ne touche pas le fond lumineux je ne fais que le regarder… La tête penchée, les épaules braquées vers le haut, le regard vers le bas, je me dis c’est là que je devrais être pour comprendre et entendre ce que je veux me dire, car l’océan est silencieux, il me laissera dans mon mouvement, dans mon rythme. 

Je me rends compte que ce quai n’est pas ou je veux être, je veux être dans l’eau, profond, être en harmonie dans mon silence, ma vérité. Partir et explorer, laisser ce quai inerte et nager vers d’autres horizons en restant dans les profondeurs de la belle bleue. Enveloppée. Aimée. 

Aujourd’hui je me suis dites c’est assez. Plus rien ne me sert ici. Je vais plonger et quitter ce quai sur lequel j’attends quelque chose depuis trop longtemps. Je veux plonger dans ma vérité, quitter les moments de tristesses et aller me nettoyer. 

Je me suis levée, j’ai enlevée tous mes vêtements, j’ai défait mes cheveux, j’ai regardé au loin dans l’immensité qui me regardait, j’ai dit allez suit moi et j’ai plongé.

Je me suis libérée, je suis allée dans la profondeur de ce que je suis pour vivre.

Je suis belle et j’ai encore beaucoup à voir.

Au revoir cher Quai, je ne veux plus être sur toi, tu m'empèches la vie.

 

Josée 

xxx